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Il était une fois une fille rêveuse dont le monde imaginaire débordait d’idées…

Depuis toujours, elle aimait créer des objets, dessiner, photographier, inventer mille petites choses pour enjoliver son quotidien…

Elle avait grandi dans un univers propice à la création : auprès d’un artiste du sud pour qui le dessin était une histoire de famille. Les parents de cet artiste, tous deux instituteurs, avaient un grand talent. Ils décoraient leurs classes de magnifiques illustrations et elle imaginait ces beaux dessins côtoyant les cartes anciennes d’histoire et de géographie. Tout petit déjà, pendant le dernière guerre, il dessinait des soldats qui occupaient son village. Ils furent les premiers admirateurs d’un talent prometteur.

Elle l’avait toujours connu dessinant dès qu’il avait un moment de liberté. Enfant, elle contemplait  avec envie tous ces tubes de couleurs, les pinceaux de tailles multiples, l’encre de Chine et son noir profond, les sanguines, les fusains et tous ces papiers magnifiques, épais, aux grains variés, qui étaient autant de promesses d’œuvres prochaines…

Elle adorait par dessus tout l’odeur de l’huile de lin utilisée pour diluer la couleur. La pièce embaumait, c’était un vrai bonheur ! Elle admirait l’artiste à l’œuvre. Devant une telle facilité, une telle rapidité et un tel talent, elle restait interdite et se disait alors qu’il possédait un vrai don. C’était magique ! Le pinceau effleurait le papier à une vitesse folle et donnait en quelques secondes le mouvement à des objets inanimés. Les chevaux au galop semblaient prêts à surgir du tableau tant la sensation de mouvement était grande. On aurait juré qu’ils voulaient s’échapper de ce cadre trop étroit et courir vers la liberté.

Elle aimait aussi ces longues soirées où pendant des heures, il lisait à haute voix les aventures des héros de la littérature classique.

Des années durant elle vécut dans cette atmosphère qui sans doute éveilla en elle cette soif de création et cet imaginaire débordant…